ICI Radio-Canada: Où sont passées nos idoles : Jean-Philippe Le Guellec

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Un visage bien connu rôde aux abords du parcours de biathlon aux Jeux du Canada. Celui d'un des plus grands noms de l'histoire de ce sport au pays, dont les exploits inspirent tous les coureurs.

Un texte d' Olivier Arbour-Masse

Jean-Philippe Le Guellec n'est pas resté bien longtemps loin des champs de tir du biathlon. Le nouveau retraité fait un retour comme entraîneur adjoint de l'équipe du Québec cette semaine à Prince George.

« C'est la passion pour mon sport qui m'attire ici, admet-il. Je veux transférer mon expertise et mes connaissances à ces jeunes-là pour que, peut-être, certains d'entre eux percent. »

Former et inspirer la relève. Sa relève. Le Guellec est le premier Canadien à avoir remporté une médaille sur le circuit de la Coupe du monde, l'or à Östersund en Suède en décembre 2012. Le Guellec, c'est aussi trois Jeux olympiques, dont ceux de Sotchi où il s'est classé 5e du 10 km sprint.

Comme un coéquipier

« Il vient de prendre sa retraite. Il sait comment c'est. Il sait comment on se sent », témoigne Sarah Poisson-Grégoire, membre de l'équipe québécoise.

« Les coachs nous apprennent des trucs, mais ne nous les montrent pas. Lui, il les fait avec nous. C'est un entraîneur et un athlète. Il nous présente quoi faire, mais selon notre perspective », renchérit Jules Burnotte, deux fois médaillé à Prince George.

Mardi, à la veille du 10 km sprint chez les hommes et du 7,5 km sprint chez les femmes, Le Guellec a enfourché ses skis pour défricher le parcours avec les biathloniens. Il a conseillé les jeunes sur la ligne de course à suivre dans les virages.

« Je suis sûre qu'on a gagné du temps avec ça », lance Anabelle, la sœur de Sarah, et elle aussi membre de l'équipe féminine.

Le Guellec assure que mettre un dossard ne lui manque pas même si, mardi, il a mis ses skis pour un tour à plein régime une fois les athlètes sortis de piste. Il se plaît dans son rôle d'homme à tout faire, responsable autant de farter les skis que d'encourager les jeunes durant leur course.

« C'est le fun de les voir arriver dans la montée au sortir d'un virage, le sourire au visage en disant : ''Tabarouette, c'est tellement le jour et la nuit depuis tes conseils." C'est gratifiant », se réjouit Le Guellec.

Un athlète olympique peut être intimidant pour des jeunes qui aspirent à lui ressembler. Ce n'est pas le cas de Le Guellec, décrit comme « simple et humble » par Anabelle Poisson-Grégoire et « généreux de sa personne » par Sarah.

Après-carrière en suspens

Le Guellec avait longuement réfléchi au moment idéal pour prendre sa retraite. À 29 ans, il ne se sentait pas la motivation suffisante pour entamer un quatrième cycle olympique.

Une fois les skis et le fusil dans le placard, il a terminé son cégep l'été dernier avant d'amorcer des études en administration à l'Université du Québec à Chicoutimi. Mais voilà qu'après une session, il a réalisé que les débouchées ne lui plaisent pas, a mis l'université « sur la glace » et ira rencontrer un orienteur à son retour de Prince George.

« Contrairement au sport, dans la vraie vie malheureusement, tu ne vas pas du point A au point B, dit-il avec philosophie. C'est plus un zigzag. J'ai commencé mon zigzag et c'est correct. Je m'attendais à ce que ça soit comme ça. »

La transition a été plus rectiligne pour son corps. Quand on lui fait remarquer qu'il ne semble pas avoir pris trop de poids, il s'exclame, en riant : « C'est ça que tout le monde me dit! C'est comme s'il fallait que tu prennes 300 livres à ta retraite! »

Trois cents livres de poids, peut-être pas, mais 300 livres à lire, ça s'en vient... Juste après l'orienteur.

Source: http://ici.radio-canada.ca/sports/PlusSpor...